Commandement de la défense aérienne de l’Amérique du Nord

Quartier général canadien du NORAD à la BFC North Bay, 1972. ? J. Mercier, Bibliothèque et Archives Canada, e010858630
Les avions de chasse McDonnell CF-101 Voodoo participent aux opérations de défense aérienne du NORAD. ? Ministère de la Défense nationale et Forces armées canadiennes; photo reproduite sans la consultation du MDN/des FAC.

Pour la semaine du lundi 21 décembre 2020

Le 24 décembre 1955, le Commandement de la défense aérienne continentale des états-Unis, située à Colorado Springs, signale avoir repéré ? un objet volant à haute altitude ?, identifié comme le tra?neau du père No?l, se dirigeant vers le sud depuis le p?le Nord. Ces messages diffusés s’inscrivent dans le cadre d’un programme de sensibilisation du public visant à faire conna?tre la technologie radar de pointe qui permet de détecter les menaces aériennes pour l’Amérique du Nord. L’organisation binationale responsable de ces radars après 1957-58, s’appelait à l’origine le Commandement de la défense aérienne de l’Amérique du Nord (North American Air Defense Command - NORAD).

L’histoire du NORAD remonte à la Seconde Guerre mondiale. Conscients du fait que le Canada ne pourrait pas se défendre contre les forces de l’Axe si la Grande-Bretagne devait capituler, le premier ministre William Lyon Mackenzie King et le président des états-Unis Franklin Delano Roosevelt mettent en place la Commission permanente mixte de défense et décident que les deux pays réuniraient leurs efforts en cas d’attaque.

Après la guerre, le Canada et les états-Unis considèrent qu’il faut être en mesure de détecter le plus rapidement possible la présence de bombardiers soviétiques à long rayon d’action et à capacité nucléaire afin de prévenir toute attaque éventuelle. Ils établissent donc des canaux de commandement et des bases à Terre-Neuve, dans l’est du Canada et dans le nord-est des états-Unis pour de futures opérations offensives et défensives. Par la suite, des améliorations importantes sont apportées aux technologies de défense aérienne. Par exemple, les systèmes radars deviennent autonomes et se situent plus au nord en réponse à l’arrivée de nouvelles technologies comme les missiles de croisière à longue portée.

En 1951, le Canada consent à la construction d’un réseau de stations radars, financé en grande partie par les états-Unis, communément appelé ? ligne Pinetree ?. Ces stations disposent chacune d’un effectif de 300 à 400 personnes, ainsi que d’un radar de recherche d’une portée de 75 à 100 kilomètres, d’un radar altimétrique et d’un radar de recherche de secours. Plus tard, la ligne du Centre du Canada et le réseau d’alerte avancée s’ajoutent à la ligne Pinetree.

En 1957 et 1958, le Canada et les états-Unis établissent le NORAD dans le cadre de leur stratégie de dissuasion qui vise à renforcer la sécurité continentale pendant la guerre froide. En 1963, le quartier général du NORAD au Canada ouvre ses portes à North Bay. Surnommé ? le trou ?, le complexe est d’une profondeur de 60 étages et peut résister à une frappe nucléaire d’une puissance de quatre mégatonnes. Il est doté d’un système semi-automatique d’infrastructure électronique qui le relie aux autres régions du NORAD et donne accès à leurs données radar. Ce système permet d’automatiser le suivi des avions, car les suivis manuels deviennent trop lents avec l’arrivée des avions supersoniques comme le McDonnell CF-101 Voodoo. Aujourd’hui, le NORAD a des bases partout sur le continent et il continue de suivre la piste du père No?l la veille de No?l, tout en menant des opérations d’alerte aérospatiale, de contr?le aérospatial et d’alerte maritime afin d’assurer la défense de l’Amérique du Nord.

La défense aérienne continentale durant la guerre froide a été désignée événement historique national. La Commission des lieux et monuments historiques du Canada conseille le gouvernement du Canada sur la commémoration d’événements historiques nationaux qui évoquent des moments, des épisodes, des mouvements ou des expériences importantes de l’histoire du Canada.


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